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LAUREAT NATIONAL
TALENTS DES CITES 2002

image du mot "création" dans une police manuscrite"
photo de Débarquement Jeunes

Débarquement Jeunes (Association)

Créateur(s) : Stéphane METERFI

Parrainé par le Ministère de la Cohésion des territoires

Région Haute-Normandie | PETIT QUEVILLY

Emplois créés : 10

Activité | Association d’animation sociale

WEB / WWW.DEBARQUEMENTJEUNES.COM

 

Le projet

 

Stéphane Méterfi, 28 ans, est originaire du quartier de l’Houssière dans la banlieue rouennaise. Il abandonne le lycée pour organiser un festival puis créer une association, Débarquement jeunes.

 

L’HISTOIRE VRAIE DE STEPHANE M
Son histoire, il la raconte parce qu’il en marre qu’on l’appelle le Forest Gump des “ tiéquars ” - quartiers en verlan -, marre d’être celui qu’on ne croit jamais. Alors, il la rabâche à qui veut l’entendre. Jusqu’à une sociologue, Annick Madec, qui en fera un livre (*). Larbi, c’est son premier prénom. Pour l’état civil tout au moins. “ Comme pour mes neuf frères et soeurs, mon père souhaitait un premier prénom français afin d’affirmer notre identité de français musulman. Stéphane aurait dû être mon premier prénom. Il y a eu maldonne”.
Stéphane donc, raconte. Pour “montrer qu’on n’est pas né avec un pétard à la bouche, qu’on n’a pas une voiture volée comme premier jouet, qu’on n’a pas été élevé avec de la haine, de la violence dans notre biberon. On ne choisit pas son lieu de naissance mais on peut contribuer à l’orienter dans le bon ou le mauvais côté ”. Et avec lui, cela commence toujours par un “ Allô, ici c’est Méterfi ! ”. “Parce ce que moi, je fais partie de la génération phonetel. La génération orale. Les fautes, ça se voit pas ”. Donc, cette histoire, elle débute dans les cabines téléphoniques du quartier de l’Houssière dans la banlieue rouennaise ou dans les centres commerciaux. Seul ou avec deux copains, Yvan et Jean-Michel, il démarche mairies et fondations pour trouver une salle et des fonds. Son idée : organiser un festival multiculturel artistique et sportif en impliquant diverses associations et plus d’une centaine de bénévoles pour faire tomber les murs, donner une image positive des quartiers.
Ils séduisent ainsi Défi jeunes, décrochent une bourse de 6 860 € et du coup, gagnent la confiance d’un maire d’une agglomération voisine qui leur laisse son Parc des expositions. “ La première chose qu’on a faite quand on a eu un peu d’argent, c’est s’acheter un portable. Aujourd’hui, tout le monde en a, mais pas en 1993. Total : on nous prenait pour des businessmen, des bourges. Mais nous, on crache pas sur ce qu’ont les bourges, si cela peut faire avancer nos idées ”. Premiers contacts, premières rencontres. Un maire communiste, Mgr Jacques Gaillot, l’Abbé Pierre, Régis, le producteur de M.C. Solaar. Les deux derniers accepteront d’être les parrains de la manifestation. Plus de 3000 jeunes y participeront.

LA BANLIEUE CHEZ LES BOURGEOIS

Dans la foulée, il abandonne sa terminale, passe son brevet d’Etat d’animateur et crée l’association Débarquement Jeunes. Et non pas dans la cité, mais en centre-ville. Et sur la rive droite, s’il vous plaît. La banlieue chez les bourgeois, cela fait aussi partie de son plan. “Pour provoquer, choquer et confronter des gens qui ne se parlent jamais ”. L’opération récupération est lancée : bureaux et classeurs sont ressortis des caves des administrations et relookés par des graffeurs. Les portraits des parrains, l’Abbé Pierre et Solaar, peints sur les murs. Ils organisent des rencontres jeunes-police dans les caves ou les cages d’escalier, puis poussent jusque dans les collèges et lycées où ils organisent des forums sur la violence ou la citoyenneté entre deux conférences à l’école nationale de la magistrature ou de la police. Et tandis qu’un maire les sollicite pour organiser un réveillon avec des jeunes qui, jusque là, célébraient la St-Sylvestre en brûlant des voitures, des hauts fonctionnaires de la police New-Yorkaise, intrigués et épatés, leur rendent visite. Sans compter les entreprises qui, comme Les 3 Suisses, Leroy Merlin ou Esso par exemple, leur demandent de jouer les chasseurs de tête. En 1999, 16 jeunes ont ainsi été embauchés. Vingt-huit en 2000.
Aujourd’hui, ils sont 8 salariés dans cette entreprise de “ médiation culturelle ” et bouclent un budget de 1,5 million de francs grâce au FAS, à la Communauté d’agglomérations, au Conseil Général, au Fonds d’intervention à la ville.
Stéphane, lui, reste toujours président bénévole. Enchaîne les postes d’animateur, fait un détour par la Caisse d’Épargne comme chauffeur du Pdg, et atterrit à la communauté d’agglomérations comme chargé de mission médiation entre les quartiers et les associations.
Parallèlement, les propositions d’embauche affluent. De municipalités, d’un ministère, de grosses entreprises. Il réfléchit, hésite. Trop occupé encore à semer dans la jungle urbaine, à livrer une mémoire “pour que cela serve à d’autres ”. Pour éviter de passer pour un fabulateur aussi. “On me croyait pas quand je disais que j’avais rencontré le proviseur ou le maire, fait un festival, des interventions en prison, qu’on avait réussi à convaincre des patrons d’embaucher des jeunes de banlieue, qu’on allait à Eurodisney par centaines, qu’on avait un local dans le centre-ville, des subventions, qu’on nous donnait du matos, des trophées… ” Alors, à celui qui doute encore, Stéphane dégaine “ le classeur anti-mytho. Ici, dans le quartier, soit tu prouves, soit t’es mythomane”. Alors, il sort ses photos. Lui avec l’Abbé Pierre et M.C Solaar. Ici avec Faudel, là avec Mgr Gaillot. Encore lui avec Simone Weil, Laurent Fabius, Jean-Marie Messier... Et c’est parti pour une autre histoire…

(*) Le quartier c’est dans la tête, d’Annick Madec

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