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LAUREAT NATIONAL
TALENTS DES CITES 2002

image du mot "création" dans une police manuscrite"
photo de CALL 911 (Association)

CALL 911 (Association) (Association)

Créateur(s) : Mourad SENOUCI

Parrainé par le Ministère de la Cohésion des territoires

Projet suivi par DEFi jeunes, CLAP

Région Nord-Pas-de-Calais | BP 58 - LILLE

Emplois créés : 2

Activité | Promotion de la culture hip-hop

 

Le projet

 

Mourad Senouci, 29 ans est originaire de Lille Sud. Fondateur de l’association Call 911 Records pour favoriser la diffusion et la reconnaissance de la culture Hip Hop régionale au niveau national. Accessoirement, organisateur de la boum du Préfet. En attendant de prolonger la ligne Marseille-Paris jusqu’à Lille pour repousser l’avancée du soi-disant désert nordique.

 

L'OASIS DU HIP HOP

L’organisateur de “la boum du Préfet ”, c’est lui. Le jeune du quartier de Lille Sud, avec ses petites lunettes carrées et son Palm toujours à portée de main, élevé au rang de pionnier en faisant rentrer le Hip Hop dans l’enceinte de la préfecture. Sous le regard médusé de ses résidents et des fonctionnaires de police, il installe un de ses DJ sur le balcon, puis un deuxième un peu plus bas, à une autre fenêtre. “La boum du préfet ” comme il l’appelle, n’est autre que la soirée de clôture de l’opération des Quartiers d’été. “Tout un symbole” quand même, pour ce guérillero du Hip Hop fondateur de Call 911 Records, une association pour la reconnaissance de cette culture “ issue des milieux urbains voués au silence et souvent encore peu comprise. Plus qu’un mouvement musical, c’est avant tout un mouvement de conscience sociale ”. Lui, le gosse de la cité qui se voyait “ cadre sup’ en costard cravate derrière un bureau” après un DESS à l’Institut d’administration des entreprises (IAE) lillois. Contrôleur de gestion à l’étroit dans ses tableaux Excel qui s’enflamme enfin en découvrant “ l’engagement et les valeurs ” lors de son service ville à la délégation humanitaire de la mairie, et qui finit par démissionner et diviser son salaire par deux pour un emploi-jeune dans une association. Le SMIC comme monnaie d’échange contre sa liberté.

 

UN LABEL POUR DES ARTISTES REGIONAUX

Lui, qui ose rêver d’une structure et d’un label pour les artistes régionaux qui “s’usent et se fanent ” à force d’ingratitudes, et qui amasse pour la bonne cause son trésor de guerre auprès de Défi Jeunes (2 287 €), du Comité Lillois d’Aide aux Projets (3 811 €), du Concours Initiative Ville (3 049 €), de Bouygues Télécom (15 245 €), de la municipalité (3 049 €) ou de la Région (22 105 €)… Le butin est considérable, mais l’euphorie du guerrier ne dure guère. Déjà en train de préparer sa riposte pour rallier la dernière poche de résistants : “Quand notre demande d’emploi-jeune a été refusée, on a gambergé et on a fini par proposer un deal à la mairie : un coup de main pour rouvrir l’école de musique du Faubourg de Béthune en gérant la section Hip hop contre deux emplois-jeunes : un pour l’école, l’autre pour notre association ”. Le pacte conclu, tout s’enchaîne très vite : la région les repère comme association ressource pour leur dispositif Quartier d’été, et en tant que prestataire de services, Call 911 anime des ateliers de graphe, de DJ, d’écriture ou de danse de Dunkerque à Valenciennes en passant par Douchy les
Mines, Haulchin, Douai...

Depuis, Mourad n’a de cesse de “montrerle chemin ”, d’ouvrir la voie. Pionnier érigé en modèle ; preuve vivante qu’“on n’est pas obligé de faire du business parallèle pour réussir, à condition d’utiliser ce qu’on a autour de nous : l’école, les institutions, les aides... Ici, les seuls businessmen qui sont respectés et admirés, ce sont les dealers. De toute façon, les autres, ils partent du quartier… ”. Zizou ou Jamel Debbouze ? “ Anecdotique”. Par contre, “quand c’est ton pote, ça te donne envie de réussir ”. À Okits qui veut lancer son Maxi ou à Tarek et Rachid qui rêvent de leur magasin de vêtements, il assure un “ c’est possible ” et “ démystifie ” la démarche de création.

 

" ZOULOUS TOURNANT SUR LA TETE "

Même si parfois, ses certitudes s’effritent. Ebranlées par un manque de reconnaissance - “ pour certains, on est toujours une bande de zoulous qui tournent sur la tête ” -, par la solitude : “Quand tu es entrepreneur, tu suis une démarche peu commune, et cela d’autant plus quand tu sors d’un quartier… Et puis, je ne trouve pas d’alter ego dans la structure… ”.
Révulsé à chaque fois que le service culturel de la ville le renvoie vers le… conseil communal de la prévention de la délinquance. Le Hip Hop ne rentrerait pas dans leurs cordes. Il le sait, mais ça le rend malade à chaque fois. Heureusement, le “zoulou” est coriace. Et pugnace. Pour preuve, la sortie de sa double Mix-tape avec 50 groupes de la région et quelques pointures marseillaises ou parisiennes pour démontrer que là-haut, il y a âme qui vive : “ Je me bats contre le soi-disant désert nordique. Aujourd’hui le rap, c’est Paris-Marseille. Je voudrais seulement prolonger l’axe jusqu’à Lille ”.
Les boums vont un temps, mais aujourd’hui, il est urgent de passer aux choses sérieuses.

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