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LAUREAT NATIONAL
TALENTS DES CITES 2002

image du mot "création" dans une police manuscrite"
photo de Najet SMIDA, avocate

Najet SMIDA, avocate (Profession Libérale)

Créateur(s) : Najet SMIDA

Parrainé par le Ministère de la Cohésion des territoires

Région Rhône-Alpes | VAULX-EN-VELIN

Activité | Cabinet d’avocat

 

Le projet

 

Najet Smida, 29 ans, avocate, est originaire de Meximieux (Ain). Ses 150 candidatures n’ont pas retenu l’attention de ses confrères. Dans une tour de Vaulx-en- Velin, elle décide alors de créer son propre cabinet. Et enchaîne les audiences et les dossiers sans temps mort.

 

SANS QUART A LA BARRE

Coup de stress, coups de fils à gogo, l’affaire tourne au vinaigre. Flash back.
Mademoiselle arrive avec un visa touristique, Monsieur cherche une dame. Ils se marieront, mais il finira par la mettre dehors pour une histoire de “pommes de terre trop grosses dans sa salade” et devant le refus de madame de “porter des strings”. La jeune femme répudiée et toujours pas en règle avec ses papiers est reconduite à la frontière risquant l’opprobre de l’opinion publique en Algérie. En catastrophe, Najet fait annuler le jugement du tribunal administratif devant la cour d’appel et la sauve de justesse du bateau qui devait la reconduire de l’autre côté de la Méditerranée… De toute façon, la journée a débuté beaucoup trop tôt. Ce matin, le réveil a sonné à 5 heures. À 7H15, elle était déjà dans un de ses dossiers prud’homales sur du travail clandestin, à 9H30 devant “le JAF”, le juge aux affaires familiales. Sa procédure de divorce pour faute attendra 11H : les chambres sont encombrées. Une demi-heure plus tard, elle est au tribunal pour enfant pour une procédure de tutelle, puis passe au consulat pour un de ses clients, revient en courant à son cabinet réétudier quelques dossiers entre trois coups de fils, et réattaque en cour d’appel…

 

L’AUDACE D’ENTREPRENDRE

Tous les jours jamais la même histoire, mais toujours 7H-23H. “Le prix” à payer pour avoir eu l’audace de se lancer dans la création de son propre cabinet puisqu’on n’a pas voulu d’elle. “En décembre 1999, je prêtais serment, et jusqu’en avril 2000, j’ai recherché à travailler dans le droit international : je n’ai eu que des refus… Cent cinquante au total.” Victime de discrimination ? “Non”. Enfin, aujourd’hui, elle n’en est pas aussi sûre… “Si, finalement, je crois qu’on peut parler de discrimination… Je me suis dis que si on ne voulait pas de moi, je leur ferai de la concurrence”.

Elle se lance avec 5 336 € d’économies, 3 049 € de l’Adie, et avec un prêt 33 539 € du Crédit Lyonnais. Au bout du troisième mois, elle se retrouve déjà avec 22 dossiers, huit mois après, la banque lui accorde un nouveau prêt de 30 490 €, et aujourd’hui, un jeune avocat vient de la rejoindre. 7H-23H au barreau de Lyon ou de Tunis, poussée par la figure du père aussi : “À la maison, c’était très strict. Le seul échappatoire, c’était l’école. En tant qu’aînée d’une famille de huit enfants, je devais montrer l’exemple, c’était pas de sortie, pas de boîte ”. Un père “ fier et très malheureux à la fois parce que j’ai échappé à la tradition, aux principes qu’il m’a inculqués.” Ironie du sort, le consulat de Tunisie la hisse comme représentante de la femme tunisienne à Lyon. Et tant bien que mal, elle s’accommode de ces contradictions : “C’est assez difficile de porter le tout... En Tunisie, je suis trop française, en France, trop maghrébine”. Mais celle qui traînait immanquablement une rage de dents à chacun de ses partiels n’a jamais manqué à l’appel : “Je défends mon travail et mes plaidoiries du haut de mon mètre cinquantehuit… Et je ne suis pas prête à arrêter de me battre”.

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