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un lauréat

LAURÉAT National | 2002

Catégorie Création

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IDS - Incendie Développement Service

Stéphane DESANGLOIS

Parrainé par Ministère de la Ville

  • Projet suivi par MIEL de Saint-Denis
  • Région Ile-de-France | LA COURNEUVE, cité des 4000
  • Activité | Société de prévention et de protection incendie

LE PROJET

Stéphane Désanglois, 32ans est originaire de la cité des 4000 à la Courneuve (93). Contre lui, un arbre généalogique s’enracinant dans la cité. De son côté : sa “ rage d’entreprendre”. Du business du quartier à la création d’entreprise, IDS, sa société de prévention et protection incendie.

 

L’OSEILLE SAUVEE DU FEU

À l’écouter se présenter, on croirait presque que le ciel lui est tombé sur la tête. Condamné à endosser sa filiation : “ des grands-parents et des parents à la Courneuve, et un père qui livrait déjà à 14 ans des sacs de charbon ”. Orienté vers une voie professionnelle à 14 ans, un CAP employé de bureau et un BEP vente action marchande; Mais le mauvais sort s’en est finalement allé : le père termine sa carrière comme directeur commercial pour un sous-traitant de PSA et le fiston débute la sienne comme créateur d’entreprise.

 

BLUFFER LE BIG BOSS

Avant, il y a eu l’armée comme chauffeur-secrétaire du colonel de la caserne, et depuis sa quille, que des histoires de camions. Au volant comme convoyeur de fonds ou chauffeur de poids lourd à livrer des containers poubelles. Jusqu’en 1998, l’année clef, où Stéphane découvre la prévention comme technicien à la Générale Incendie : “ Je passais mon temps à vérifier les extincteurs. Il n’y a pas de sot métier mais… c’était répétitif. J’étais jeune, dynamique, j’avais la rage… J’avais envie de m’en sortir. Alors, avec un autre collègue, Sylvain, on a décidé de créer notre propre boîte ”. Ils démissionnent, mais “ pas en même temps, cela aurait paru trop suspect”, et pour échapper à la clause de non concurrence, ils bluffent leur big boss: “ Moi, j’allais retrouver mes camions, et Sylvain, lui, a dit qu’il voulait se lancer dans le transport d’handicapés ”.

En janvier 2001, ils créent IDS. Il a enfin le costume, la perceuse dans l’autre main. Et les soucis de l’entrepreneur en tête : “ Comme nous avions démissionné, nous n’avions droit à aucune aide. J’ai emprunté 4 573 € à la famille, Sylvain a mis 4 573 €, et on est allé frapper à la porte de la MIEL, une couveuse d’entreprise ”. La MIEL, c’est un loyer à 198 €, un fax, un standard et surtout un soutien logistique.

“GAGNER DE L’OSEILLE”
Plus apaisés, les deux compères s’attaquent à la prospection et se partagent le territoire, Paris Nord pour Stéphane, et le Sud pour Sylvain avec, en prime, la gestion – le privilège (sic) du titulaire d’une maîtrise de gestion commerciale. Dans leur carnet de commande, des mairies, des écoles et de gros pontes
aussi. De quoi balancer quelques références grand chic comme Maxim’s, Cardin ou NISSAN France, et tabler sur 152 450 € de chiffre d’affaires pour leur première année d’activité.
Qu’on se le dise : son objectif n’est autre que de “gagner de l’oseille, le nerf de la guerre ”. On croirait entendre le lascar qui a connu “ le business, les petits extra” des cités. Impossible de faire l’autruche, de nier le passé : “ J’ai vu qu’il y avait un autre monde”. Il fait avec, “toujours entre les deux ”. Le dimanche avec ses lunettes jaunes et sa casquette Lacoste, le lendemain avec son manteau en cachemire, sa Xantia et son stylo Mont-Blanc. Oui, de l’oseille pour “ avoir plus ”, comme “un petit bateau pour aller à la pêche avec mon fils ”. Définitivement lascar rangé.