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un lauréat

LAURÉAT National | 2002

Catégorie Création

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Mohamed LARKECHE

Mohamed LARKECHE

Parrainé par Ministère de la Ville

  • Région Ile-de-France
  • Activité | Auteur, réalisateur

LE PROJET

Mohamed Larkeche, 33 ans, originaire de Vaulx-en-Velin. Mohamed n’avait pas de photos de famille. À la conquête d’une mémoire individuelle et collective, il établit alors un étonnant album de famille de la réussite maghrébine. Histoires de succès, de héros de tous les jours.

 

ALBUM

Un livre qui a tout de l’introduction à la fable ou au conte de fée. Titre : “ Il était une fois en France…”. Mais là, croix de bois, croix d’encre, il s’agit vraiment d’histoires vraies. De personnages bien de chair et de sang, inconnus ou stars des plateaux télé, des terrains de foot ou de l’actualité littéraire. Héros de tous les jours, comme Djamel Maiza chef d’entreprise dans la confection de soie ou la famille Boussahla et leur société de transport sur Vaulx-en-Velin, côtoyant l’homme sous les flashes et les projecteurs comme Zinédine Zidane, Zebda ou le romancier et dramaturge Mohammed Dib. L’auteur, Mohamed Larkeche, en a ainsi sollicité près de 400 ; 150 resteront sur papier glacé. “L’objectif était de montrer que ces gens participent dans leur quotidien au rayonnement de la France. On parle toujours de français de la deuxième, troisième, quatrième génération… Ça n’a plus de fin : quand est-ce que l’on pourra dire français tout court ? C’est une manière sournoise de considérer cette population comme marginale. Aujourd’hui, les jeunes sont encore plus dépossédés que nous l’étions : on réussit à les marginaliser en leur disant qu’il faut s’intégrer. Mais l’intégration, est-ce que c’est passer ses différences au rouleau compresseur ?”

 

UN TRAVAIL DE MEMOIRE

Durant cinq ans, il parcourra l’hexagone avec son frère Seddik pour collecter ces témoignages et en faire un livre et deux documentaires, Enquête d’identité et Farida, Rachid, Zinédine et les autres…

À chaque page de cet album de famille de la réussite maghrébine, c’est une plongée dans un travail de mémoire et d’histoire d’une immigration encore trop méconnue ; à chaque parcours de vie, un stéréotype qui s’effrite. L’Algérie devient quotidienne, emblématique, ambitieuse, culinaire et branchée. Les suspicions d’étrangeté sont anéanties, le racisme mis au ban. Mohamed ne prononce même pas le mot, “ presque tabou ”. Faisant comme s’il n’existait pas, ou plutôt, l’utilisant pour être meilleur, pour sans cesse se surpasser : “ Plutôt que de tomber dans la paranoïa, je préfère me dire que je n’étais pas assez bon. Pas assez, tout simplement. ”

 

“ L’ENVIE D’ALLER LA OU ON NE M’ATTENDAIT PAS ”

S’il se lance dans cet hommage à cette population maghrébine, c’est aussi pour “ couper l’herbe sous le pied à une élite qui joue mal son rôle et qui se désolidarise du milieu social duquel il est issu ”. Persuadé que les jeunes ne pourront connaître ce sentiment d’appartenance qu’à travers l’exemplarité. Lui, le gosse qui vivait sesretours au bled comme une aventure sur les traces de Tom Sawyer, – “ dans un petit village en bord de mer sans électricité et où on allé chercher l’eau à dos d’âne. Je fabriquais des pipos… ” -. Lui, le brillant étudiant des Beaux-Arts et des Arts Décoratifs qui, grâce à des bourses d’études, intègre la très cotée St Martins School à Londres et la célèbre Cooper Union School of Arts à New York.

Fin entrepreneur, toujours poussé par la curiosité et “ l’envie d’aller là où on ne m’attendait pas ”. Comme Djamel Maiza ou la famille Bouzzala, qui, ils le jurent, ne se laisseront pas traiter de sale président- directeur-général.

* Éditions ENA, European North African’s.